Rédacteur : LÂM QUÔC DUNG
Les Amis Francophones du Viêt-Nam - Culture - La famille vietnamienne - Dernière modification de cette page : 01/06/2007
Au Xvè siècle, les lettrés vietnamiens, en composant les Annales Complètes du DAI VIÊT
(Dai Viêt Su Ky Toan Thu), allait porter des appréciations les plus sévères de l’adultère
et de la polygamie. Un extrait de ces annales rapportait : « La maison des LY nomme
princes (Vuong) tous les fils des femmes légales, et fils impériaux (Hoang Tu) les fils
de concubines. Mais la position d’héritier impérial (Hoang Thai Tu) n’est pas établie.
C’est sur son lit de mort que l’Empereur choisit un de ses fils pour qu’il continue la
responsabilité impériale (Dai Viêt Su Ky Toan Thu, Hà Nôi, NXB Khoa-Hoc Xa-Hôi, 1983, t.1, 254, Traduction
de NGUYÊN THÊ ANH).. Le choix de l’Empereur fut alors conditionné par les qualités politiques
de la personne désignée pour diriger le royaume, et non nécessairement par la priorité
du fait de son âge.
La condamnation de la polygamie fut exprimée dans un autre passage des Annales du
DAI VIÊT : « Depuis les temps anciens, une seule impératrice est désignée pour
s’occuper de l’administration de l’intérieur du palais; il n’a jamais été question d’en
nommer jusqu’à cinq. Le premier empereur n’avait pas étudié les livres anciens, mais aucun
de ses subordonnés d’alors n’était capable de l’aider à se corriger, le laissant s’abandonner
à ses penchants et installer cinq impératrices. Plus tard, les LÊ (antérieurs) et les LY
ont souvent suivi son exemple. C’est donc le premier empereur qui a initié la pratique
du bouleversement des rangs ».
Un examen attentif de l’histoire et des coutumes vietnamiens permet de révéler des
disparités entre certaines théories confucéennes et leurs pratiques dans la vie familiale.
En effet, l’autorité absolue du père n’était évidente que parmi l’élite dirigeante.
Et ce n’était pas le cas de la plupart des familles vietnamiennes où l’obéissance aveuglée
fut plutôt remplacée par le respect vénéré mais sans soumission.
« Mère et enfants » MAI THU (1946)