TU DUC (Nguyên Phuoc Hong Nham),
fils cadet de THIÊU TRI, fut couronné en 1847,
au dépend de son frère aîné (Nguyên Phuoc Hoang Bao)
qui se révoltait en 1848 et fut exécuté.
Les chrétiens étaient accusés de complicité
dans ce soulèvement, et subissaient
de nouvelles persécutions. Le règne de TU DUC
fut compliqué par le fait qu’il ne put
avoir d’héritier à la suite d’une maladie infectieuse.
Les persécutions des commerçants étrangers et des missionnaires seraient à l’origine
de l’irruption d’escadres françaises dans les eaux territoriales vietnamiennes.
En 1843, la France déploya une flotte en permanence dans les eaux asiatiques.
En 1847, suite à l’arrêt d’un missionnaire, Dominique LEFEBVRE, la flotte française
arrivait à Tourane. Ignorant la libération du missionnaire, les forces françaises attaquèrent
le port, et reprirent ensuite la mer. En 1858, sous l’impulsion du marquis PROSPER DE
CHASSELOUP-LAUBAT, ministre de la marine et des colonies, la France, aidée par l’Espagne,
s’empara de Da Nang en 1858 et de Saigon en 1859. Dès lors, la résistance vietnamienne
se manifesta, et des mouvements de révolte s’étendirent dans la Cochinchine.
Ces premiers guérilleros établirent des sanctuaires dans les régions aussi inaccessibles
que la plaine des Joncs, zone de marais située au nord de Saigon, ou la péninsule marécageuse
de Cà Mâu dans le delta du Mékong.
1862 : L’Empereur TU DUC fut contraint à céder à la France
les 3 provinces entourant Saigon, et lîle de Poulo Condor.
La reddition de TU DUCprovoqua une extension des mouvements
de résistance dans tout le sud du pays. TRUONG CÔNG DINH
se révolta et mobilisa sa propre armée de paysans.
Il fut tué un an plus tard. Par la suite, TU DUC envoyait
PHAN THANH GIAN à Paris pour convaincre NAPOLEON III
de restituer les 3 provinces cédées. Mais ce traité fut
contesté par les partisans coloniaux, dont l’Amiral DE LA
GRANDIERE, un des premiers gouverneurs de la Cochinchine.
Profondément ébranlé, PHAN THANH GIAN se danna la mort.