La majorité des vietnamiens, quelle que soit leur croyance religieuse, éprouvent
un profond attachement pour le village et la province où reposent leurs ancêtres.
Le culte des ancêtres revêt une grande importance à l’autel des ancêtres et à la tombe
en tant que sanctuaire familiale. (NGUYÊN THÊ ANH, La famille traditionnelle vietnamienne dans son évolution
historique, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Sciences Historiques et Philosophiques).
Au Viêt-Nam, le culte des ancêtres repose sur la conviction que la mort n’est que
le moment inverse de la naissance (et non pas de la vie), et que l’arrivée de l’être
formel au monde matérialisé et visible est succédée par un autre espace informel,
non matérialisé, et invisible. « Ce culte fixe l’identité individuelle par rapport
aux temps, à la famille et aux espaces réels et symboliques, privés, sacrés et publiques,
là où on vit et évolue ». (Dr LUONG CAN LIÊM, Hommage à la culture vietnamienne, Cité par P. FERMI,
Ass. Géza Roheim, Sept.1998)
Il s’agit aussi d’un fait institutionnel reconnu par le droit positif vietnamien, notamment
par le Code de la Famille de 1995, qui prévoit que lors d’une succession, une part du
patrimoine doit être réservée aux biens culturels et ne peut donc être partagée
(Florence NGUYEN-ROUAULT, Hommes et Migrations, N°1232, 2001)
Il est intéressant de noter que ce culte ancestral aurait existé et serait pratiqué
bien avant l’introduction des préceptes religieux et moraux. En effet, la majorité
des vietnamiens vénèrent et honorent leurs ancêtres, tout en se rattachant à
une pratique religieuse (Bouddhisme, Catholicisme, etc.) Par contre, le confucianisme,
en mettant l’accent sur la piété filiale, aurait puissamment apporté son appui
au culte des ancêtres.